Milan, 9 janvier (LaPresse) – Stefano Boeri et six autres constructeurs, architectes et fonctionnaires de la municipalité de Milan devront répondre devant la justice d'abus de construction pour la réalisation du BoscoNavigli, le projet immobilier de luxe de Scalo San Cristoforo à Milan qui a fini par être impliqué dans les enquêtes sur l'urbanisme menées par le parquet de Milan. Après deux heures de discussion entre les avocats et le procureur Paolo Filippini, la juge Giovanna Taricco de la dixième chambre pénale du tribunal de Milan a renvoyé en jugement le président de la Triennale, l'ingénieur Marco Nolli, l'ancien directeur du guichet unique pour la construction, Giovanni Oggioni, le co-concepteur Giovanni Da Pozzo, le constructeur Cristoforo Giorgi, le dirigeant de la municipalité de Milan, Andrea Viaroli. Ils sont tous accusés de complicité dans un lotissement abusif et des infractions en matière de construction pour avoir construit sur un terrain libre de 8 000 mètres carrés un immeuble de plus de 40 mètres de haut et de 12 étages, en l'absence d'un plan d'exécution et dans une zone où « la hauteur maximale des nouveaux bâtiments ne peut dépasser celle des bâtiments préexistants et environnants », et de l'avoir fait par le biais d'une convention urbanistique qui n'a jamais été votée par le conseil municipal et la municipalité de Milan. Parmi les chefs d'accusation figurent également l'utilisation abusive du permis de construire conventionné comme titre de construction et la sous-estimation présumée des frais d'urbanisation. Le procès débutera le 16 mars prochain à 12h30. La décision de renvoyer tous les accusés devant le tribunal lors de l'audience préliminaire a été prise par le juge dès que les avocats (dont Giuseppe Iannaccone, le professeur Francesco Mucciarelli, les avocats Stefano Solida, Davide Steccannella et Francesco Moramarco) ont cessé de parler dans la salle d'audience. La discussion des avocats de la défense a été centrée sur ce qu'on appelle « l'élément subjectif », c'est-à-dire la conscience des constructeurs, des concepteurs et des fonctionnaires publics d'enfreindre éventuellement des règles très complexes en matière de construction et d'urbanisme, avec différentes orientations jurisprudentielles.

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