Rome, 3 février (LaPresse) – La détention préventive par la police « nous verrons tout d'abord si, sous quelle forme et de quelle manière elle sera mise en place, mais une chose est déjà certaine, d'après notre expérience. Elle ne sera pas efficace. En effet, elle aura difficilement des effets significatifs sur la gestion de l'ordre public. En revanche, elle risque de radicaliser davantage le conflit, de durcir encore plus les relations déjà tendues dans les rues, de restreindre de manière significative d'autres espaces de liberté. C'est de la poudre aux yeux, c'est de la propagande sécuritaire à coût zéro, comme on dit. Une propagande utile pour ne pas aborder le véritable nœud que les violences de Turin remettent sur le tapis ». C'est ce qu'a déclaré l'ancien chef de la police Franco Gabrielli dans une interview accordée à La Repubblica. « La gestion de l'ordre public n'est pas un sujet de talk-show. Ni un sujet de discussion de comptoir. C'est un travail très délicat, qui consiste à évaluer en permanence la situation et à procéder à des ajustements rapides ou imperceptibles en fonction du contexte. C'est un savoir-faire professionnel qui se construit avec patience et formation, en s'appuyant sur l'équilibre et la responsabilité démocratique. Multiplier à chaque fois les infractions ne sert qu'à éluder les questions essentielles : comment gouverner réellement l'ordre public ? Et quel ordre public mérite un pays démocratique ? Comment éviter d'exposer les services chargés du maintien de l'ordre public à des risques prolongés et épuisants ? Quelqu'un s'est-il demandé sur qui se répercute le coût d'une absence de stratégie claire et d'une réelle capacité à lire les contextes ? Je vais vous le dire : sur les policiers individuels et sur tous ceux qui descendent pacifiquement dans la rue pour exercer un droit protégé par la Constitution », a expliqué l'ancien chef de la police.
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