Milan, le 23 mai (LaPresse) – « Aucun jugement ne dit que c'est mal. En droit, le silence n'est pas synonyme de neutralité. C'est de l'abandon. Cette histoire n'est pas close. C'est une histoire que personne n'a encore eu le courage de raconter jusqu'au bout. » C'est ce qu'indique un message accompagnant un document publié sur Instagram par Allegra Gucci, commentant l'accord à l'amiable conclu il y a trois ans dans le litige qui l'oppose, ainsi que sa sœur Alessandra, à leur mère Patrizia Reggiani. Patrizia Reggiani et Maurizio Gucci ont fait la une de l'actualité italienne dans les années 90. Aujourd'hui, la Cour européenne des droits de l'homme a classé sans suite le recours déposé par Allegra et Alessandra. La mère, Patrizia Reggiani, se voit attribuer 3,9 millions d’euros, malgré sa condamnation en tant que commanditaire pour avoir fait assassiner Maurizio Gucci, alors patron de la maison de couture éponyme. Gucci a été assassiné à Milan le 27 mars 1995. Pour ce crime, son ex-épouse Patrizia Reggiani a été définitivement condamnée à 26 ans de prison en tant que commanditaire. « Payer une rançon ne signifie pas avoir obtenu justice », peut-on lire dans une note des sœurs Gucci adressée à la Cour européenne des droits de l'homme concernant la décision prise par la CEDH. Il s'agit de la décision de ne pas donner suite à la requête d'Allegra et de sa sœur contre la condamnation à respecter l'accord de divorce entre leurs parents, qui prévoyait une rente viagère pour Patrizia Reggiani. Le résumé amer de ce qu'Allegra Gucci a publié sur les réseaux sociaux est le suivant : « Celui qui a tué a encaissé. Celle qui a perdu son père a payé ». La CEDH a décidé de radier le recours du rôle, estimant que le litige ne justifiait pas un examen plus approfondi après l’accord financier conclu en 2023 entre les deux filles et leur mère. Le classement sans suite s’est en effet fondé sur l’accord conclu en février il y a trois ans, en vertu duquel les sœurs ont versé 3,9 millions d’euros à leur mère pour mettre définitivement fin au litige.