Francfort (Allemagne), 2 décembre. (LaPresse) – La Banque centrale européenne (BCE) a refusé de fournir une garantie pour un prêt de 140 milliards d'euros destiné à l'Ukraine et basé sur des actifs russes immobilisés, selon le Financial Times. Francfort a conclu que la proposition avancée par la Commission européenne violerait le mandat de la BCE, rapporte le quotidien britannique en citant des sources officielles. Les responsables bruxellois avaient demandé à la BCE si elle pouvait agir en tant que prêteur de dernier recours pour Euroclear Bank, la filiale opérationnelle du dépositaire central belge, afin d'éviter une éventuelle crise de liquidité, ont expliqué des personnes informées au FT. La BCE a répondu que cela n'était pas possible. Le journal cite également une analyse interne de la BCE, selon laquelle l'initiative de la Commission serait assimilable à un financement direct des gouvernements. Dans ce scénario, en effet, la banque centrale finirait par couvrir les obligations financières des États membres de l'UE, une pratique interdite par les traités européens car elle risque d'alimenter l'inflation et de nuire à la crédibilité de l'institution. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a averti que la réaction de Moscou serait « très dure et douloureuse » si les pays de l'UE utilisaient les avoirs russes gelés pour financer un « prêt de réparation » en faveur de l'Ukraine.

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