Milan, 5 janv. (LaPresse) – « Maintenant, ça suffit. Plus de pression. Plus de fantasmes sur l’annexion. Nous sommes ouverts au dialogue. Nous sommes ouverts aux discussions. Mais cela doit se faire par les canaux appropriés et dans le respect du droit international. Et les canaux appropriés ne sont pas des publications aléatoires et irrespectueuses sur les réseaux sociaux. » C’est ce qu’écrit le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, dans un message publié sur Facebook, après les menaces répétées du président des États-Unis, Donald Trump, de vouloir annexer la région, actuellement sous le gouvernement du Danemark.

« Nous sommes des amis proches et loyaux des États-Unis depuis des générations. Nous avons été côte à côte dans les moments difficiles. Nous avons assumé la responsabilité de la sécurité de l’Atlantique Nord et, surtout, de l’Amérique du Nord. C’est ce que font les vrais amis. C’est précisément pour cette raison que la rhétorique immédiate et répétée des États-Unis est absolument et totalement inacceptable », peut-on lire dans le message de Nielsen. « Lorsque le président des États-Unis parle de “nous avons besoin du Groenland” et nous associe au Venezuela et à une intervention militaire, ce n’est pas seulement faux. C’est irrespectueux. Notre pays n’est pas un objet de la rhétorique des superpuissances. Nous sommes un peuple. Une terre. Et une démocratie. Cela doit être respecté. En particulier par des amis proches et loyaux. »

« Nous faisons partie de l’Otan et nous sommes pleinement conscients de la position stratégique de notre pays. Et nous savons que notre sécurité dépend de bons amis et d’alliances solides. À cet égard, une relation respectueuse et loyale avec les États-Unis est très importante. C’est le cas depuis des décennies », poursuit le Premier ministre groenlandais, « mais les alliances reposent sur la confiance. Et la confiance exige le respect. Les menaces, la pression et les discours d’annexion n’ont pas leur place entre amis. On ne s’adresse pas ainsi à un peuple qui a démontré à maintes reprises sa responsabilité, sa stabilité et sa loyauté. Le Groenland est notre maison et notre territoire. Et il continuera de l’être. »

© Copyright LaPresse