Bruxelles, 14 janv. (LaPresse) – « Les témoignages qui arrivent d’Iran sont terribles. Nous en sommes au sixième jour de coupure d’Internet et il est donc de plus en plus difficile pour les personnes qui se trouvent hors d’Iran d’avoir des nouvelles de leurs proches. Tout le monde est sous pression et psychologiquement très éprouvé, car ce sont presque des zombies qui marchent, qui vont au travail, à l’université, mais en réalité leur seule pensée est l’Iran. Il y a donc cette douleur que nous ressentons à travers les témoignages. » C’est ce qu’a déclaré à LaPresse l’activiste des droits humains et écrivaine Pegah Moshir Pour, née en Iran et élevée en Italie. « Juste hier, ajoute-t-elle, j’ai reçu ce témoignage d’une personne qui a réussi à se connecter avec sa famille par téléphone, car Internet continue d’être coupé. La mère lui disait : “Téhéran sent le sang.” Chaque matin, lorsqu’elle sort de chez elle, elle ressent cette odeur de sang ; c’est donc une dramatisation non seulement par la vue et l’ouïe, mais aussi par l’odorat, qui, si l’on y pense, est la première chose que nous développons en tant qu’êtres humains. Ce sont des descriptions terrifiantes », souligne-t-elle. « Ils disent que le chiffre de 12 000 morts est un mensonge : peut-être parlons-nous même de plus de 20 000 morts et, en plus, il y a la difficulté de récupérer les corps des personnes qui ont été tuées par des balles, par des munitions de guerre tirées directement à la tête », poursuit-elle. « C’est ce qu’ils font et ce qu’ils ont toujours fait de manière encore plus violente, des enfants de 10 ou 11 ans jusqu’aux personnes âgées. Ils n’ont de pitié pour personne. Comme le nombre de victimes civiles est malheureusement en flèche, ils cherchent ainsi à augmenter le nombre de morts parmi les forces de sécurité, en le rapprochant de celui des civils. Cela montre encore davantage à quel point ce régime est corrompu », conclut-elle.