Milan, 12 février (LaPresse) – « Je ne souhaite plus être considérée comme une victime ». C'est ce qu'a déclaré Gisèle Pelicot dans une interview accordée au quotidien français Le Figaro à l'occasion de la sortie de son livre « Et la joie de vivre ». Pelicot, droguée, violée et contrainte à subir des viols pendant des années par des inconnus par son mari Dominique Pelicot, est devenue une icône mondiale de la lutte contre les violences sexuelles, d'autant plus qu'elle a choisi que le procès de son mari et des dizaines d'autres hommes impliqués se déroule à huis clos. À la question de savoir pourquoi elle a écrit son livre, Gisèle Pelicot a répondu : « Tout au long du procès, j'ai été qualifiée de victime. Aujourd'hui, je ne veux plus de ce statut. J'ai été sacrifiée sur l'autel du vice. J'ai été livrée en pâture à ces individus. Écrire ce livre a été un moyen de sortir de ce cadre dans lequel je me sentais emprisonnée, pour raconter qui je suis vraiment. J'ai mis mon âme à nu dans ce livre : je parle de mon parcours de femme, de l'adultère, de la relation mère-fille, de la façon dont une famille normale est confrontée à l'inimaginable. C'est une sorte de testament. » À propos du titre du livre à paraître « Et la joie de vivre », traduit par « Un hymne à la vie », Gisèle Pelicot explique : « Je pense que cette joie de vivre fait partie de mon ADN. Ma vie a été marquée par de nombreux drames, notamment la maladie et le décès de ma mère lorsque j'étais enfant. J'ai souhaité raconter comment j'ai surmonté ces épreuves. Je tenais à donner de l'espoir aux femmes qui, comme moi, pourraient un jour se sentir impuissantes. »