Lima (Pérou), 19 fév. (LaPresse) – Le Congrès péruvien a élu le législateur José María Balcázar comme huitième président du pays en une décennie, en remplacement d’un autre leader par intérim destitué la veille pour des accusations de corruption, seulement quatre mois après le début de son mandat. Balcázar, un ancien juge de 83 ans représentant le parti de gauche Perú Libre, a battu trois autres candidats avec la majorité des 130 membres du parlement.
Le renouvellement constant de la présidence au Pérou reflète une crise politique alimentée par l’absence de majorités législatives pour les dirigeants. Les parlementaires ont souvent utilisé une interprétation large d’un article constitutionnel relatif à « l’incapacité morale permanente » pour destituer les présidents en exercice. Le Congrès a voté la destitution du président conservateur par intérim José Jerí après quatre mois en fonction.
Le Congrès actuel, qui a commencé son mandat en 2021, a maintenant mis en accusation trois chefs d’État : Pedro Castillo, Dina Boluarte et Jerí. En octobre 2025, Jerí occupait la présidence du Congrès et se trouvait dans la ligne de succession pour remplacer Boluarte, qui n’avait pas de vice-présidents. Sa destitution a suivi des révélations concernant ses rencontres secrètes avec des entrepreneurs chinois, dont un contractant public. Jerí a affirmé qu’il ne faisait que coordonner un festival péruvo-chinois. Le parquet a ouvert deux enquêtes préliminaires sur Jerí pour parrainage illégal d’intérêts privés et trafic d’influence au détriment de l’État.
Le nouveau président exercera ses fonctions pendant cinq mois avant de céder le pouvoir au vainqueur des élections générales du 12 avril, lorsque les Péruviens éliront un nouveau président et un nouveau parlement. Si aucun candidat à la présidence n’obtient plus de 50 % des voix, les deux premiers candidats accéderont au second tour en juin. Le successeur de Balcázar devra faire face à une vague de meurtres et d’extorsions qui continue de dévaster les petits entrepreneurs et la classe ouvrière. Divers groupes politiques réclament des garanties concrètes pour assurer des élections transparentes.