Rome, 4 avril (LaPresse) – « Les portes sont encore fermées. Le silence est presque total, rompu peut-être par le bruit lointain de ce que la guerre continue de semer sur cette Terre Sainte déchirée. Pourtant, ici même, en ce lieu où la mort a été habitée par Dieu, la Parole de Dieu résonne plus fort que tout silence. Et je le dis avec simplicité : nous aussi, aujourd’hui, nous célébrons avec une foi éprouvée, fragile, peut-être fatiguée… mais toujours debout. Non pas parce que nous sommes forts, mais parce qu’ici, quelqu’un nous soutient ». C’est ainsi que s’est exprimé le patriarche de Jérusalem des Latins, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, dans l’homélie de la messe de la veillée pascale au Saint-Sépulcre de Jérusalem. En actualisant l’épisode de l’Évangile de la Résurrection de Jésus, le cardinal a souligné : « Cette veillée nous interpelle : essayons-nous encore de faire rouler nous-mêmes les pierres qui nous oppriment ? Ou laissons-nous que ce soit Lui, le Vivant, qui nous précède ? Car Pâques n’est pas le résultat de nos efforts de paix, aussi nécessaires soient-ils. C’est le fondement qui rend possible tout effort. Si le sépulcre est vide, alors rien n’est vraiment fermé. Aucune terre n’est disputée pour toujours, aucune blessure n’est incurable pour toujours, aucun souvenir n’est prisonnier de la haine pour toujours. Non pas parce que c’est facile – nous savons combien c’est difficile –, mais parce que le cours de l’histoire a changé. Nous ne marchons plus vers la mort : depuis ce tombeau, la mort est derrière nous. Et même lorsque la guerre semble nous dire le contraire, nous sommes ceux qui ont vu la pierre enlevée ».

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