Rome, le 22 avril (LaPresse) – « Une fois de plus, les autorités diplomatiques italiennes ont commis une grave erreur en me convoquant au ministère italien des Affaires étrangères pour formuler des protestations concernant de prétendues attaques de Moscou à l'encontre de la présidente du Conseil des ministres, Giorgia Meloni ». C'est ce qu'écrit sur les réseaux sociaux l'ambassadeur russe en Italie, Alexey Paramonov. « Tout d’abord, Giorgia Meloni est une cheffe de gouvernement légitime, soutenue par le consentement populaire, qui dirige le pouvoir exécutif italien depuis près de quatre ans et, pendant tout ce temps, aucun représentant des autorités russes n’a jamais émis de jugements offensants à son égard ou à l’égard de l’Italie », poursuit-il. Contrairement à certains membres de la classe dirigeante italienne qui, parfois, se permettent des commentaires et des comparaisons extrêmement hostiles à l’égard tant des dirigeants russes que de la Fédération de Russie en général. « Le prétexte de la convocation au ministère (les propos d’un journaliste russe connu, par ailleurs très compétent et populaire, prononcés sur sa chaîne en ligne privée) peut difficilement s’inscrire dans la pratique diplomatique généralement admise, souligne-t-il. Il ne viendrait jamais à l’esprit d’une personne raisonnable d’interpréter les appréciations personnelles, émotionnelles et privées de quiconque comme s’il s’agissait de déclarations officielles du gouvernement d’un État. On ne devrait pas non plus attribuer à la direction russe et à l’ensemble du peuple russe les choix lexicaux et de registre utilisés par un journaliste. De son côté, la Russie n’a jamais exploité les déclarations sur la Russie et ses dirigeants, faites par des animateurs de télévision, des blogueurs, des journalistes et des artistes italiens, comme prétexte pour des actions diplomatiques ou des campagnes diffamatoires anti-italiennes. Il semble que la tentative de gonfler cet épisode jusqu’à en faire un scandale international et politique soit le résultat de l’action, au sein de ce qu’on appelle l’« État profond » italien, de forces anti-russes liées à l’Ukraine. La tentative de monter les peuples russe et italien l’un contre l’autre, d’affaiblir nos contacts diplomatiques et de porter un nouveau coup à l’image de la Russie est évidente, peut-être pour compenser les échecs en matière de politique étrangère, parmi lesquels la récente visite peu fructueuse de Zelensky à Rome. Enfin, et ce n’est pas le moindre, on constate une nouvelle tentative visant à contenir le nombre croissant d’Italiens favorables à une normalisation rapide des relations bilatérales et au rétablissement d’une pleine coopération économique et culturelle entre la Russie et l’Italie.
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