Rome, 10 janvier (LaPresse) – « Les propos de la présidente Meloni ? Ils me semblent révéler une incompréhension vraiment dangereuse du rôle du pouvoir judiciaire. Et je le dis au-delà des événements spécifiques et des diverses polémiques. D'ailleurs, j'ai toujours essayé de m'en distancier autant que possible ». C'est ce qu'affirme Giuseppe Santalucia, ancien président de l'ANM et juge à la Cour de cassation. Meloni se plaint que les magistrats « rendent souvent vain le travail des forces de l'ordre et du parlement » ? « Il s'agit là d'un malentendu flagrant. Il faut le dire avec la plus grande sérénité : la tâche des juges est de protéger les droits. Rien d'autre. Il est donc absurde de lire et d'interpréter cela en termes de collaboration ou d'opposition avec l'exécutif. La juridiction est distincte des gouvernements. Il faut en prendre acte et cesser de demander à la magistrature de trahir le sens de sa mission institutionnelle », insiste-t-il. La présidente du Conseil a également cité le cas de l'imam de Turin. Comment expliquer aux non-initiés ce qui s'est passé ? « Avec un concept simple. La protection de la sécurité, bien essentiel, doit être poursuivie dans un cadre de règles et de principes impératifs. Il n'est pas possible de rechercher et d'assurer la sécurité sans réaliser pleinement les droits fondamentaux. C'est le principe directeur de toutes les démocraties libérales », conclut-elle.

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