Milan, 22 avril (LaPresse) – « L'affaire des primes anticonstitutionnelles accordées aux avocats et l'évolution embarrassante qu'a connue ce dossier au Parlement promettent de rester dans les annales. Il me semble qu’il y a là des signes d’une dégénérescence sans précédent du processus législatif ». C’est ce qu’affirme Gaetano Azzariti, constitutionnaliste et professeur titulaire à l’université La Sapienza, dans une interview accordée au quotidien La Repubblica, commentant la disposition qui prévoit une prime de 615 euros pour les avocats chargés d’un dossier de retour volontaire, dans le cas où leurs clients choisissent de retourner dans leur pays d’origine. Selon Azzariti, cette disposition « non seulement légitime, mais récompense financièrement le comportement d’un avocat qui manque à son devoir de loyauté. L’article 30 bis, en substance, établit un lien entre les primes et le résultat escompté, à savoir le rapatriement, de l’assistance fournie par l’avocat : ce qui est en contradiction flagrante avec les principes de la Constitution ». « Le fond comme la forme se situent véritablement hors de toute discussion politique raisonnable sur des thèmes aussi délicats, et en dehors du droit », ajoute le constitutionnaliste, « et cette grave dégradation s’accompagne d’un recours très désinvolte aux décrets-lois, désormais utilisés comme des “bouchons” ».