Loi électorale, Magi : « La majorité joue à cache-cache, où est le nouveau texte ? »

Rome, le 26 mai (LaPresse) – « La majorité joue à cache-cache avec la loi électorale : des indiscrétions journalistiques fuient, les ministres s’expriment, mais ensuite, on ne voit pas les textes en commission. Il faut de la clarté et de la transparence dans la procédure législative, et il ne doit pas y avoir de précipitation : de ce point de vue, le calendrier de juin indiqué par le ministre Ciriani est inacceptable en l’absence d’un texte qui, de toute façon, modifiera profondément celui de Bignami ; ce sera pratiquement un texte entièrement nouveau ». C’est ce qu’a déclaré ce matin en commission des Affaires constitutionnelles le secrétaire de +Europa, Riccardo Magi. « En ce qui concerne le fond de la réforme proposée par le gouvernement et la majorité – a ajouté Magi –, si l’objectif principal devait être de rapprocher les citoyens de la participation démocratique par le biais du scrutin, cette loi ne contient aucun élément utile pour renforcer le vote populaire grâce à une plus grande liberté de choix : cela peut se faire avec différents instruments tels que les circonscriptions, les préférences ou le scrutin à deux tours, mais cette loi ne contient aucun de ces éléments. Il s’agit au contraire d’une loi entièrement déséquilibrée, visant à servir une majorité, en particulier la majorité qui est actuellement au pouvoir. C’est là, en ce qui nous concerne, la principale raison pour laquelle nous ne soutenons pas cette proposition : une loi qui naît dans le but d’assurer l’autoconservation de ceux qui dirigent actuellement le pays. Une autoconservation que l'on veut même garantir par un mécanisme sans équivalent dans aucune démocratie : une prime qui n'est pas une prime majoritaire, mais une prime accordée à la minorité pour la transformer en majorité. Une minorité dans le pays devient majorité au Parlement par le biais d'une distorsion de la représentation proportionnelle. Il y a ensuite un élément fondamental de la législation électorale d'accompagnement contenu dans la proposition de loi que j'ai cosignée et qui représente un élément décisif pour la qualité de la démocratie, à savoir la possibilité d'accéder à la compétition électorale, qui ne doit pas et ne peut pas être considérée comme un privilège réservé à ceux qui sont déjà au parlement : dans aucun pays de l'Union européenne il n'existe un système analogue au nôtre, avec un nombre de signatures aussi élevé à recueillir de manière capillaire dans toutes les circonscriptions. C’est un point pour lequel nous nous battrons car, comme nous le savons, chaque fois que des décrets électoraux sont adoptés à l’approche des élections, on a coutume de modifier la règle de manière ponctuelle et uniquement pour ce scrutin, en déterminant qui peut et qui ne peut pas participer aux élections en bénéficiant d’une exemption : nous pensons au contraire que l'on peut ainsi mener une réforme globale, claire, transparente et égale pour tous », conclut Magi.