Gênes, 5 juin (LaPresse) – Les cheveux rasés, des ecchymoses sur tout le corps, la marque d'un coup porté avec une chaussure sur la jambe. Ce ne sont là que quelques-uns des éléments attestant des brutalités infligées à la petite Beatrice, cette fillette de 2 ans retrouvée morte à Bordighera en février dernier. Ces éléments sont consignés dans les actes par lesquels a été demandée et confirmée la mesure de détention provisoire à l'encontre de la mère, Emanuela Aiello, et de son compagnon, Emanuel Iannuzzi, accusés de maltraitance aggravée à l'encontre de la petite fille. Décédée à la suite des coups brutaux subis, mais aussi des sévices constatés sur son corps lors de l'autopsie. Des actes dont Iannuzzi est accusé, des omissions dans le cadre des accusations portées contre la mère, qui n’aurait pas agi en tant que parent et garante de la fillette, ni pour la soustraire à la violence, ni pour lui permettre de recevoir les soins nécessaires malgré « l’état d’agonie persistante » manifesté la veille de la découverte du corps sans vie, le 9 février. Des demandes de mesures de sûreté à l’encontre d’Iannuzzi et d’Aiello, ainsi que des témoignages des petites sœurs, font ressortir les dernières heures de la fillette dont le corps, selon les enquêteurs, a été laissé sans vie « de manière impitoyable » sur le sol, enveloppé dans une couverture, dans la maison d’Iannuzzi à Perinaldo. Puis transporté, déjà sans vie, dans la maison de Bordighera, où la mère a simulé l’appel au 118 en prétendant avoir trouvé la petite fille sans défense à son réveil. Il ressort des pièces du dossier et des premiers résultats de l’autopsie, dont le rapport complet doit encore être déposé, que la fillette a également été rasée. Des mèches de cheveux coupées, comme l’a également noté l’un des premiers témoins entendus par le parquet, qui a remarqué la différence par rapport à la dernière fois qu’il avait vu Beatrice, le samedi soir avant sa mort, alors qu’elle était au lit dans l’appartement à l’étage de la maison de Perinaldo, laissée seule aux soins de ses deux petites sœurs tandis que sa mère et son compagnon consommaient de l’alcool et du haschisch, à l’étage inférieur. La nuit précédente, les fillettes avaient constaté l’aggravation de l’état de leur petite sœur et avaient tenté d’appeler à l’aide. Elles avaient crié par la fenêtre pour que leur mère vienne les rejoindre. Mais elles étaient enfermées à l’étage de la maison de campagne occupée au rez-de-chaussée par leur mère et son compagnon. Qui ne les ont pas entendues.

© Copyright LaPresse