Miami (États-Unis), 17 mai (LaPresse/AP) – Le gouvernement vénézuélien a annoncé l'expulsion d'un proche collaborateur de Nicolás Maduro, qui fait l'objet d'une enquête aux États-Unis pour plusieurs chefs d'accusation, moins de trois ans après la grâce qui lui avait été accordée par le président Joe Biden dans le cadre d'un échange de prisonniers. Cette décision marque un revirement complet pour Alex Saab, que Maduro avait tout fait pour ramener dans son pays après sa précédente arrestation internationale en 2020. Désormais, cet homme d’origine colombienne, longtemps décrit par les responsables américains comme le « messager » de Maduro, pourrait être appelé à témoigner contre son ancien protecteur, actuellement jugé à Manhattan pour trafic de drogue. Dans une brève déclaration publiée samedi, l’autorité vénézuélienne chargée de l’immigration n’a pas précisé où elle avait transféré Saab, mais a affirmé que la décision avait été prise sur la base de plusieurs enquêtes pénales en cours aux États-Unis. Le fait de désigner Saab simplement comme un « citoyen colombien » semble être une allusion à la loi vénézuélienne, qui interdit l’extradition de ses propres citoyens. Après sa dernière arrestation, le gouvernement vénézuélien avait présenté à un tribunal américain une copie de ce qu’il affirmait être le passeport vénézuélien de Saab, la vice-présidente de l’époque, Delcy Rodríguez, aujourd’hui présidente par intérim, l’ayant qualifié de « diplomate vénézuélien innocent » illégalement « enlevé » alors qu’il se trouvait en mission humanitaire en Iran pour contourner le « blocus impérialiste immoral » imposé par les États-Unis.

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